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Réflexions sur la maladie et la mort de Théodore Géricault (1791-1824)
Article relevé dans Le Journal des Arts - juillet 2012

 

Théodore Géricault, le plus grand des peintres romantiques, s’est éteint à l’âge de 33 ans.

Il est - entre autres - le génial créateur du tableau fameaux

. . . . . . . . ."Le radeau de la Méduse"

que l’on peut admirer au musée d’ Orsay

"Jusqu’à présent, les biographes de Géricault rattachent la cause de sa mort à une infection chronique avec atteinte osseuse vertébrale, conséquence de graves chutes de cheval".

Dés 1976, on peut lire :" ... Tous ses amis savent à présent qu’il doit s’agir d’une forme de mal de Pott à évolution lente".

Le rédacteur de l’article, le docteur Thierry d’ Erceville envisage le diagnostic du mal de Pott ou tuberculose osseuse vertébrale.

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Ce mal apparaît chez Géricault, après une contamination tuberculeuse très vraisemblablement contractée en Angleterre, après un long séjour de février à décembre 1821.

Ce séjour intervient avant le fameux épisode de la chute de cheval.

En fait, trois chutes en mars ou avril 1822 à Montmartre ou à Fontainebleau ou au Champ de Mars, entraînant la formation d’un abcès au niveau de la cuisse.

Brutale rechute en février 1823 qui contraint le peintre à s’aliter paratiquement en permanence (on note cependant ue visite à Delacroix le 14 mai 1823) jusqu’à sa mort survenue le 26 janvier 1824.

Montfort, un élève du peintre précise que la tumeur qui s’était formée près des vertèbres et qui se renouvelait sans cesse avait carié les os.

Après plusieurs interventions de drainage et de mises à plat pratiquées par le célèbre anatomiste et chirurgien Dupuytren, Géricault s’éteint dans un état cachectique épouvantable.

Le témoignage de Delacroix est terrifiant :

" Il est mourant, sa maigreur est affreuse ; ses cuisses sont grosses comme mes bras. Sa tête est celle d’un vieillard mourant "

(30 décembre 1823)

La localisation du mal de Pott est largement connue à l’époque, puisque la description priceps de Pott date du milieu du XVIII ème siècle. Il s’agit d’une pathologie évoluant de la profondeur vers la peau et non le contraire.

En l’absence d’un traitement antibiotique spécifique (qui n’apparaît qu’au milieu du XX ème siècle), la mort survient dans un contexte de cachexie très sévère.

Le mal de Pott est devenu exceptionel de nos jours.

Au sujet des chutes de cheval :

Dans l’esprit de Géricault et de son entourage la notion de chute de cheval, bien réelle, n’en doutons pas, a été inconsciemment évoquée et retenue pour expliquer la maladie de l’artiste.

Géricault évolue dans un milieu d’aristocrates, de militaires et de cavaliers. Pour mémoire, citons ses anciens camarades chez les Mousquetaires du Roi : le barond’ Aubigny, le comte de Houdetot, normands comme lui. Le colonel Bro est son ami intime ainsi que le colonel Brack.

Chez les peintres, Horace Vernet et le baron Gros sont de fervents cavaliers.

Le premier des peintres romantiques meurt donc d’un tuberculose comme l’ Aiglon, Chopin, Aloysius Bertrand, Jules Laforgue et tant d’autres au XIX ème siècles.

 
 

 
 

 
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