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Irina Bokova : "Combattre le trafic illicite des objets culturels"

 
Ce trafic demeure le plus important au monde après celui de la drogue et des armes.

Lors d’une réunion d’experts internationaux, qui s’est réunie à Paris en mars 2011 :

" Il peut sembler tout à fait incongru de dénoncer les crimes et les attaques contre la culture, à l’heure où, dans plusieurs régions du monde, des hommes et des femmes défendent leur liberté au péril de leur vie, ....

Pourtant, le pillage et le trafic illicite des objets culturels prospèrent justement dans les sociétés en crise. Ces mutilations de patrimoine causent des ravages irréversibles, dont les populations souffrent encore des années après le retour au calme.

Elles compliquent les efforts de réconciliation et les sociétés, privées de leur passé, mettent longtemps avant d’écrire une nouvelle page de leur histoire.

Nous l’avons vu en Afghanistan, avec la destruction des bouddhas de Bamiyan, il y a tout juste dix ans.

Le musée de Bagdad, l’un des plus riches du monde, a subi une hémorragie de 15.000 objets. Plus de la moitié n’a pas été retrouvée.

D’après les estimations de l’ Unesco, en moyenne, une statue serait volée ou mutilée quotidiennement dans les environs du temple d’ Angkor au Cambodge. Certains pays d’ Afrique, ont été spoliés de plus de la moitié de leur patrimoine, dispersé sur les marchés de Londres ou de New York.

Loin des caméras, des criminels s’affairent dans des musées bombardés. Ils mènent des fouilles sauvages sur les sites archéologiques désertés. Et sûrement pas par amour de l’art. Le trafic illicite des objets c ulturels est le plus important au monde après le trafic de drogue et des armes. Il leur est étroitement lié. Il sert à blanchir l’argent sale, à financer le terrorisme. Il prospère sur Internet à un niveau jamais atteint. La flambée des prix sur le marché a créé un appel d’air pour ceux qui exploitent la misère de populations contraintent de brader leur héritage.

.......

L’ Unesco est décidée à continuer de peser de tout son poids pour mettre un terme à cette saignée culturelle. La formation des professionnels (juristes, conservateur, policiers ..) est un aspect central de notre action, comme dernièremement en Mongolie, ou au Mexique dans le domaine des biens religieux.

L’ Unesco intervient aussi pour sensibilier les populations locales et éviter qu’elles ne dilapident leur patrimoine, par exemle en Irak, avec notre programme d’éducation des jeunes.

Aucune loi ne suffira jamais sans l’action résolue des gouvernements pour endiguer ce trafic et sans la volonté de la société civile de le regarder en face.

Irina Bokova

Directrice Générale de l’ Unesco

 
 

 
 

 
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