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Irina Bokova ... son élection vue par Le Figaro

 

Irina naissance : le 12 juillet 1952 à Sofia

Jeunesse : son père dirige le journal du PC bulgare. Irina, enfant de la nomenklatura, fait ses études à Moscou et aux Etats-Unis (Harvard)

Vie professionnelle : Elue députée à deux reprises, elle dirige brièvement la diplomatie bulgare en 1997.

Vie personnelle : Mariée et mère de deux enfants, elle parle couramment l’anglais, l’espagnol, le français et le russe.

Les 58 diplomates convoqués à Paris pour ce scrutin ne sont pas prêts à miser sur la victoire de leur collègue, même ceux connaissant ses qualités.

Ils ne parlent que du ministre égyptien de la Culture, Farouk Hosni, le grand favori pour le poste de directeur général de l’ Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco)

Or, à l’issue du 5è et ultime tour de scrutin, Irina Bokova, contre toute attente, l’emporte.

C’est " un signe important pour légalité des sexes" déclare la première directrice générale de l’ Unesco.

C’est au premier tour de scrutin que le ministre égyptien aura manqué le coche. Fort des soutiens de son président H. Moubarak, de celui de N. Sarkozy, également promoteur de l’ Union pour la Méditerranée, de ceux de la Ligue arbe et de l’Union africaine, Farouk Hosni pense franchir aisément la barre des 30 voix requises pour être élu.

Il n’obtient que 22 voix.

Un jeu de dames

L’ egypte soutient un mauvais candidat.

En plus de ses dérapages antisémites, de la censure qu’il a exercée contre nombre d’artistes, il a laissé croître la corruption dans son ministère.

Face à lui, s’est présenté l’ambassadeur algérien à l’ Unesco, ce qui tend à prouver que le front arabe n’est pas unanime.

Et puis il y a la candidature d’un diplomate tanzanien, dont le pays présidait encore quelques mois plus tôt l’Union africaine. Kadhafi, qui a hérité de cette présidence, est manifestement allé vite en besogne en déclarant, sans avertir personne, que tout le continent noir soutenait le représentant égyptien.

Dés le 2è tour, se met en place un jeu de dames.

Ce sont des candidates qui désormais affrontent Hosni. Quand une est évincée, c’est une autre qui profite de la dynamique électorale.

La Lituanienne renonce vite.

Les supporteurs de Bokova en profitent pour souligner que les pays arabes ne sont pas les seuls à n’avoir jamais dirigé l’ Unesco. Les pays d’ Europe de l’ Est, toujours comptabilisés dans l’ancien bloc soviétique, n’ont également jamais eu cet honneur.

La candidate équatorienne d’origine libanaise Ivonne Baki, qui est soutenue par les Etats-Unis, jette ensuite l’éponge.

Au 3è tour,

c’est la commissaire européenne autrichienne Benita Ferrero-Waldner qui se retire et appellle publiquement à voter pour Bokova.

Au 4è tour,

les deux finalistes obtiennent chacun 29 voix. Tandis que circulent des enveloppes, que les pressions se multiplient, notamment sur les représentants africains, les quatre pays européens méditerranéens : France, Espagne, Italie, Grèce qui avaient initialement soutenu Hosni , changent de camp. En sens inverse, plusieurs voix, peut-être africaines, se portent sur le candidat égyptien.

Ce chassé-croisé épaissit un mystère électoral qui sera difficile à percer.

Toujours est-il qu’Irina Bokova finit par battre Hosni par

31 voix contre 27.

Thierry Portes

Journal Le Figaro

 
 

 
 

 
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