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Paris, risée de l’ Europe ?

 

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Paris

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Texte d’ Elisabeth Lévy, fondatrice et directrice de la rédaction de Causeur

Je ne sais pas qui a dit que Paris serait toujours Paris, mais il s’est sacrément planté.

Il aura fallu quelques décennies de grands projets, d’ expérimentations urbaines et d’idées fumeuses pour transformer presque complètement la ville de Gavroche et de Proust en terrain de jeux pour bobos innovants et touristes pressés.

Philippe Muray, qui est certainement un des meilleurs chroniqueurs de saccages parisiens de la fin du XX ème siècle (et sans conteste le plus drôle), observait que "la plupart des choses nouvelles, de nos jours, se cachent derrière les anciens noms".

Bientôt, les humains de dernière génération ne sauront plus qu’il y avait avant, à la place de ce conglomérat de commerces, bureau et musées, ce simulacre qu’on appelle encore Paris, une vraie ville, pleine de miasmes et d’opportunités, de recoins oubliés et de vitrines éclairées, de possibilités d’ intrigues et de promesses de rencontre.

"Les sortilèges de Paris, écrit Antoine Blondin, tiennent aux monuments et aux sites, mais également à cette impression, qui vous envahit soudain, au débouché d’une rue banale, que le système nerveux du monde passe par là".

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Piétons, partout, vigueur nulle part

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Peut-on penser sans éclater de rire que

"le système nerveux du monde passe par là"

quand ce sont des hordes de cyclistes coiffés de leurs casques ridicules qui passent sous vos fenêtres ?

Quel coeur palpite sur le boulevard Saint-Michel, principal axe de notre célèbre quartier latin, désert dès 20 h parce q’il n’y a plus un bistrot et encore moins de librairies entre les boutiques de fringues ?

Et quel sortilège a pu donner naissance au panneau d’information planté place du Panthéon et ainsi rédigé :

"Sur le le plan du paysage, il s’agit de respecter la conception minérale, tout en la réinventant. Spatialement,la symétrie, les percées visuelles et l’équilibre général de la place sont des équilibres à respecter" ?. "

Ce sortilège-là , comme tous ceux que la machine municipale crache à jets continus, n’a pas grand-chose à voir avec les sortilèges de Paris dont parlait Antoine Blondin.

 
 

 
 
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