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Enfants maltraités : des violences sous-estimées (2/2

 

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Suite de l’article d’ Agnés Leclair

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Fautes de données complètes et précises en France , Anne Turz cite également la statistique de 10% d’enfants maltraités dans les pays occidentaux à hauts revenus, extrait d’une publication de la prestigieuse revue médicale britannique The Lancet.

" Il est temps de savoir combien il y a d’enfants maltraités en France, c’est un préalable indispensable pour lutter contre ce phénomène qui suscite "une aversion de voir" car il est trop dérangeant", plaide-t-elle. *

Un vide statistique que le premier plan de lutte contre les violences faites aux enfants, annoncé pour le 1er mars prochain par la ministre des Familles et de l’ Enfance, Laurence Rossignol, devrait proposer de combler.

"Il va falloir recouper les chiffres de l’aide sociale à l’enfance de la justice et de l’Intérieur, précise Martine Brousse, directrice de l’ ONG, La Voix de l’enfant.

Cela permettra de savoir combien d’information préoccupantes ou de signalements d’enfants victimes ont donné lieu à une procédure et à un procès.

Aujourd’hui, au moins 50% restent lettre morte , et nombre d’enfants meurent sous les coups de leurs parents, alors qu’il y avait eu une information préoccupante, un suivi par les services sociaux" se désole-t-elle.

et de citer le cas de Noa, un bébé de deux mois tué à coups de poing en 2013 par son père toxicomane, alors qu’une vingtaine de professionnels de l’enfance ou du monde médical avaient été en contact avec les parents ...

Si les associations s’accordent à saluer l’esprit de la nouvelle loi sur la protection de l’enfance du 14 mars 2016, qui a mis l’accent sur les besoins et intérêt de l’enfant, elles réclament aujourd’hui une nouvelle étape :

"Le maintien des liens dus sang à tout prix dicte encore trop la politique de protection de l’enfance. Il y a encore une révolution culturelle à faire", pointe Martine Brousse.

Il faut avoir le courage de faire la différence entre des parents incompétents qui peuvent apprendre et des parents incapables à qui il faut retirer leur enfant pour le mettre en sécurité."

" Il faudrait aussi que les départements aient les moyens de réaliser des diagnostics sur les capacités parentales pour aller plus loin que le simple ressenti d’un travailleur social sur une situation", complète Marc Chabant, directeur du développement d’ Action enfance.

Selon une veille d e six mois effectuées par La Voix de l’enfant sur les maltraitances de mineurs, deux à trois enfants par semaine sont morts à la suite de violences dans un cadre familial entre avril et octobre 2016.

Pour enrayer cette dramatique succession de faits divers, nombre d’acteurs de la protection de l’enfance plaident enfin pour une plus grande visibilité du

119

,

le numéro gratuit qui permet de signaler - de manière anonyme pour ceux qui le souhaitent - des situations de maltraitance sur les enfants.

"Ce n’est pas de la délation, c’est le premier moyen, pour un voisin, un proche ou un membre de la famille, d’évoquer avec des professionnels la situation d’un enfant qui est peut-être en danger et d’avoir leur éclairage".

Et d’espérer que la suite de faits divers de ces dernières semaines serve au moins à mettre en lumière "La responsabilité personnelle de chacun" face à ces drames.

Agnès Leclair.

 
 

 
 

 
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