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Le rapport de la Cour des comptes souligne le manque de professionnalisme de l’Institut et de ses Académies
Article de Jean-Christophe Castelain

 

Journal des Arts - Ete 2015...

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La Cour des comptes vient de publier un rapport thématique sur la période 2005-2013

Elle relève de nombreux dysfonctionnements.

Un thème constant traverse le rapport :

le manque de professionnalisme.

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L’enjeu n’est pas négligeable.

Les six structures, car il s’agit bien de six structures, plus ou moins indépendantes, l’ Institut et les cinq Académies, jouissent d’un patrimoine considérable évalué à près de 1,5 milliards d’ euros, dont un portefeuille financier d’ 1,1 milliard d’euros et un parc immobilier locatif de 340 millions d’euros.

Grâce à ces actifs, elles disposent d’un

budget d’environ 106 millions d’euros

et d’un effectif de

366 personnes.

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Aussi, les magistrats se demandent pourquoi l’ Etat continue à apporter une dotation d’environ 11 millions d’euros, sans en retour, un engagement en faveur d’objectifs, alors que l’ Institut bénéficie de revenus privés si importants.

Ils ’agacent aussi de ne pas connaître précisément les déductions fiscales dont bénéficient les donateurs des 1.100 fondations abritées par l’ Institut.

Selon la Cour, le manque de professionnalisme caractérise toutes les activités de l’ Institut.

A commencer par l’appréciation des risques (travaux, litiges avec héritiers, ou tiers) attachés aux legs qui ont fait la fortune mais aussi les infortunes de l’Institut.

Ainsi en est-il de l’acceptation du legs de la maison-atelier de Jean Lurçat avec obligation d’ouvrir un musée, ce qui est pratiquement et financièrement impossible.

La Cour recommande la mise en place d’un outil commun aux six structures pour l’analyses de risques.

Elle se montre plus positive sur la gestion budgétaire, moins calamiteuse que dans le passé lorsque l’Institut dépensait sans compter puis, en fin d’année, ponctionnait ses réserves ou les fonds affectés à d’autres missions.

De même, il semblerait que la gestion du portefeuille financier soit moins hasardeuse.

Après le crise de 2008, l’Institut avait dû déprécier ses actifs à hauteur de 41 millions d’euros

Les magistrats sont cependant toujours critiques sur la gestion du parc immobilier : quasi-monopole de la principale société de gestion, loyers inférieurs au prix du marché, et 2.400m2 de surfaces vacantes, attribution favorisant des proches de l’ Institut.

Ils s’irritent surtout de l’hétérogénéité des pratiques entre l’Institut et les Académies et de l’absence générale de synergie.

C’est notamment le cas pour les fondations-musées. Aucun sevice n’est mutualisé pour une exploitation coordonnées des sites.

Ainsi le Musée Jacquemart-André (géré par Culturespaces) et le Musée Marmottan-Monet (gestion directe) ne coordonnent pas leur programmation.

Les magistrats continuent malicieusement à demander que les musées de l’Institut adoptent le label’"Musée de France", ce qui les obligerait à respecter la charte.

L’Institut s’y refuse.

On aurait aimé connaître la position du ministère de l a Culture sur ce point, mais ce dernier n’a pas répondu à la Cour.

Jean-Christophe Castelain

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