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Citizen Kane

 

Le chef d’oeuvre d’ Orson Welles reste le deuxième film préféré au monde.

Article d’ Eric Neuhoff

Citizen

"Dans son immense manoir construit de toutes pièces, unvieil homme s’éteint en soupirant "Rosebud". En un seul mot, Orson Welles, à qui on n’en demandait pas tant, réveillait le cinéma , le rajeunissait, le réinventait. En deux petites heures, il montrait que le film pouvait être l’égal du roman, du conte de fées, de la biographie.

Citizen Kane tient de l’enquête, de la symphonie, du poème, du pamphlet. Pour le dire vite, Welles considère que le cinéma est un art : il le montre.

Depuis, son chef’d’oeuvre n’a cessé d’être pillé, copié, imité. Bien qu’il ne soit plus en tête des films préférés au monde, mais à la deuxième place.

Il vient d’être détronné par Sueurs froides d’ Alfred Hitchcok.

Reprenons,

En 1940, la RKO donne carte blanche à un jeune homme de 25 ans. Le génie en herbe se lance et conte la vie d’un magnat de la presse, inspiré de Randolph Hearst, qui tenta de mettre des bâtons dans les roues du projet.

Welles fait tout. Il est devant et derrière la caméra. Il tape lui-même lles dialogues à la machine, règle les éclairages, multiplie les innovations. Il se sert de bandes d’actualités, comme Dos Passos dans ses livres. Les contre-plongées se comptent par dizaines. Il règne sur l’écran une incroyable liberté de ton, une imaginatiion en surchauffe.

La richesse a un prix

Avec son faux nez et sa fine moustache, sa silhouette bringuebalante, Welles pulvérise les codes, filme à la première personne, c’est-à-dire comme personne d’autre. Le héros apparaît aux côtés de Hitler, comme le Zelig de Woody Allen. Il se lance en politique, doit y renoncer à cause d’une liaison, passe pour un communiste auprès des industriels. Les syndicats, eux, le prennent pour un fasciste.

Welles comparait le cinéma à un train électrique. Avec lui, c’es Noël toute l’année. On ne sait ce qu’il faut admirer le plus, le culot, le souffle, le rythme, les scènes d’anthologie.

"I’m Charles Foster Kane", hurle le héros à son rival, dans un râle de fauve blessé. Un soir, il rédige lui-même l’article qui démolit sa maîtresse chanteuse, pour laquelle il avait bâti un opéra à Chicago.

Au début, il y a ce petit garçon qui joue dans la neige et qui ignore que la richesse a un prix. Durant le film, tout le monde se demande ce que signifie ce "Rosbud". La réponse surgira à la dernière image, Welles avait son "Rosebud", lui aussi.

Trop de dons ? Un certain goût du malheur ? Haine de soi ? Il eut beaucoup de mal à tourner, se disputa avec les studios, hanta Hollywood comme un fantôme, joua dans des publicités pour du vin californien.

Il avait un secret.

Il est mort en l’emportant."

 
 

 
 

 
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