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La Révolution Française "ignorait" les femmes
Olympe de Gouges (1748-1793) Guillotinée

 

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Olympe de Gouges - Une Girondine

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1748 - Naissance à Montauban

1766 - Veuve, elle monte à Paris avec son fils

1780 - Ecrit des pièces de théâtre

1791 - "Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne"

1792 - Elle s’en prend à Marat et à Robespierre

1793 - Guillotinée

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En 1791, elle fait paraître "La déclaration des droits de la femme et de la citoyenne"

texte adressé à Marie-Antoinette, à qui Olympe demande de porter ce projet avec lequel elle rallierait la moitié féminine du royaume et le tiers de la moitié masculine.

"A la lecture de ce bizarre écrit, dit-elle, je vois s’élever contre moi les tartuffes, les bégueules, le clergé et toute la séquelle infernale".

Elle n’ imagine pas une seconde que le reine pourrait faire partie du lot.

Pour Olympe, les hommes ne tiennent leur domination sur les femmes que d’un consentement des femmes à leur domination :

"Quelles que soient les barrières que l’on vous oppose, il est en votre pouvoir de les affranchir ; vous n’avez qu’à le vouloir."

La "Déclaration des droits de la femme" reprend non sans ironie la formule rédigée par les hommes, pour les hommes - liberté, égalité, sûreté, propriété, résistance à l’oppression, liberté d’expression, distinction sur l’utilité, etc.

A quoi Olympe ajoute des propositions en faveur des femmes :

droit de vote, éligibilité, partage des fortunes, droit des enfants à connaître leur père et à hériter, pension alimentaire pour les maris faillis, sévérité pour les femmes qui obtiendraient cette pension sans légitimité, protection des prostituées, mariage des prêtres, égalité avec les gens de couleur.

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Quel Robespierre, quel Saint-Just, quel Danton serait allé jusque-là ?

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Elle présente cette proposition le 28 octobre 1791 à l’ Assemblée Nationale.

Elle ne retient l’attention d ’aucun député.

Déjà, le 26 août 1789, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen ne faisait aucune place aux femmes, - les révolutionnaires croyaient parler pour l’humanité tout entière, ils en oubliaient déjà la moitié.

Le 24 juin 1793, la Constitution reconnaît le suffrage universel pour les hommes - pas pour les femmes.

Le 30 octobre 1793 - les sociétés populaires de femmes sont interdites, on accuse les femmes de provoquer des troubles sur la voie publique

Elle avait écrit dans sa Déclaration :

" La femme a le droit de monter à l’échafaud ; elle doit avoir également celui de monter à la tribune".

Elle n’eut pas droit à la tribune ; elle aura droit à l’échafaud.

Article - partiellement reproduit - de Michel Onfray

 
 

 
 

 
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