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Jérôme Zonder ou l’enfer du crayon - La maison rouge 2015

 

* J. Zonder

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Plongée, à La maison rouge, dans la noirceur du dessin avec ce virtuose, hanté par le monde.

On a imaginé jadis des carrés blancs pour des films défiant les bonnes moeurs et testat les limites du supportable.

Jérôme Zonder peut les collectionner tant ce dessinateur virtuose prend plaisir à les faire exploser à à aligner les interdits sur ses (immenses) feuilles blanches. L’enfance et son innocence, la sexualité et sa représentation, la violence et ses bourreaux en herbe, la Shoah et ses derniers instants, tout ce que le monde se refuse ou se complaît - à voir , est là, dans un tourbillon d’enfer.

"Creuser la réalité" plutôt que viser le réalisme, "telle est la leçon que j’ai apprise d’ Albrecht Dürer et d’ Otto Dix", dit peu modestement cet artiste habité, pour ne pas dire halluciné.

Dans ses dessins, les motifs et les styles se télescopent violemment , comme si l’histoire du monde défilait en un seul plan.

"J’ai découvert le cinéma et la bande dessinée à mon arrivée aux Beaux-Arts, à dix-neuf ans. Je me suis mis à tout lire, à tout voir, avec une ferveur boulimique", confie-t-il à Nathan Réra dans un entretien cérébralo-psychédélique.

Ce prodige peu inhibé explore toutes les facettes de la mine de plomb, jusqu’à dessiner au doigt des portraits fantômes. Puis il campe ses trouvailles dans un labyrinthe saisissant où Eros et Thanatos jouent les auto-tamponneuses.

Sens du spectacle et art de la minutie, héritage des Anciens et digestion de la BD, Jérôme Zonder, né en 1974 à Paris, conquiert d’un geste large tous ses publics, mais pas vraiment de 7 à 77 ans.

Valérie Duponchelle

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De toutes les expositions temporaires de La maison rouge, c’est celle de Jérôme Zonder qui restera dans ma mémoire.

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