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Jörg Immendorff (1947-2007)

 

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Jörg Immendorff

Gelbes und weisses Baby, 1967

(Bébés jaune et blanc)

Actuellement à la Galerie Suzanne Tarasieve, à Paris 3 ème, jusqu’au 31 décembre 2016

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Jörg Immendorff est né en Basse-Saxe en 1945 (dans un foyer déserté par le père) et mort en 2007 à Düsseldorf.

D’abord instituteur, il étudie ensuite à l’ Académie des Beaux-Arts de Düsseldorf où il devient l’élève de Joseph Beuys.

Son art est engagé, il vise à une transformation sociale.

1970 : maoïste (le pauvre ! Il y a tant à dire sur Mao !), il s’engage contre la guerre du Vietnam (avec raison).

A partir de 1976, il recentre son oeuvre sur l’ histoire de l’ Allemagne, notamment la question de la division des deux Allemagnes. Il collabore avec le peintre A.R. Penck (que j’ai découvert il y a trois ans au cours d’un voyage dans le Schleswig-Hollstein) ..Mais c’est une autre histoire.

Il peint une série de tableaux intitulée "Café Deutschland". Il est à ce moment-là, une sorte de visionnaire de l’unité allemande. Son travail reflète également sa réflexion sur le rôle de plus en plus réduit de l’art dans la transformation sociale.

Dans les années 1980 , sa peinture revisite l’histoire de l’art du XXè siècle.

Entre 1987 et 1992, il peint ainsi une nouvelle série autour du "Café de Flore".

En 1985, il expose à la Biennale de Paris

En 1996, il devient professeur à l’ Académie de Düsseldorf

Son épouse est une artiste bulgare renommée : Oda Jaume. Elle a trente ans de moins que lui.

Dés 2005, il consommait de la cocaïne certainement pour "oublier" la maladie incurable qui allait l’emporter, la sclérose en plaques.

2007 - A l’âge de 61 ans, Jörg Immendorff décède à son domicile de Düsseldorf.

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Le peintre

Il voulait un art préventif contre la bêtise et l’abrutissement des hommes

Vaste programme !

Et pour cela, il entendait bousculer les convenances artistiques.

Voir une peinture de Jörg Immendorff, c’est entendre cette petite phrase d’ Arthur Rimbaud :

"La vie est la farce à mener par tous".

Une oeuvre sans concession. Une farce tragi-comique où se glisse un grand dessinateur, un coloriste hors pair agrippant magnifiquement la lumière.

Chaque tableau a un rôle, Dans chacune de ses compositions, il y a des zones de turbulence et des moments de calme olympique. Il a certes son charisme t ce côté flamboyant qui ne sont que les reflets d’une vie pleine et tumultueuse dans laquelle la presse populaire et mondaine se délectait de ses frasques et de ses prises de position. Mais derrière cette carapace, il y avait tout simplement un artiste confronté à cet autre réel qu’est l’art :

"L’art est un moyen préventif contre la bêtise et l’abrutissement des hommes. "

Pour ma part, j’en suis convaincu et j’espère donc que l’avenir proche nous réservera à tous d’intéressantes surprises."

J.I.

Mais Immendorff a peint aussi l’indicible ou encore la phase existentielle de l’ être humain pris à son propre piège. Ce que l’on appelle tout simplement, la condition humaine. Il a peint l’isolement et le spectacle du monde.

Lire la suite du très bel article d’ Harry Kampianne, pour Art actuel, à l’occasion de l’exposition que lui a consacré la Fondation Maeght, Saint-Paul de Vence en 2014.

"C’est cette énergie débridée qui parcourt l’exposition de Saint-Paul de Vence, sa première rétrospective en France.

"Polke et Immendorf, par leur insertion dans le contexte allemand, par leur manière contemporaine et leurs sujets, sont les deux maîtres de notre époque.

Immendorf est à la fois un peintre et un artiste conceptuel, son oeuvre se regarde et se lit comme une réflexion sur l’Allemagne et le déchirement de l’ Histoire, souligne Olivier Kappelin, directeur de la Fondation Maeght.

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C’est Michael Werner, son galeriste et découvreur, qui parle le mieux de ce fort tempérament réputé incontrôlable, entre radicalité politique, prémices de la maladie de Charcot et excès en tous genres"

 
 

 
 

 
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