» A l’ Etranger : Qatar - Tunisie - Syrie - Yemen - Vénézuela » Le tableau le plus cher du monde part pour le .. Qatar
 
Tout déplier Tout replier

 

Le tableau le plus cher du monde part pour le .. Qatar

 

Lu dans la presse

* *

Nafea faa ipoipo ? Quand te maries-tu ? est un tableau éclatant de 1892, soit la première période tahitienne de Paul Gauguin, si cotée.

Ce trésor bâlois va partir pour le Qatar. L’émirat l’a acheté en privé autour de 300 M de dollars à son propriétaire suisse, Rudolf Staechelin, 62 ans, homme d’affaires retraité de Bâle, a révélé The New York Times,.

*

Cette vision de paradis était déjà sur toutes les affiches de la ville, avant ce coup d’éclat du marché de l’art qui détrône le record des Joueurs de cartes de Cézanne , déjà parti pour le Qatar en 2011 en échange d’une somme, non confirmée, de 250 M de dollars

Cézanne

* Le tableau devient l’attraction supplémentaire d’une exposition qui regorge de merveilles.

Tahiti

Ses deux Tahitiennes occupent toute la composition de leur beauté ambrée, de leurs pagnes aux couleurs chaudes, de leurs bouches pulpeuses comme des mangues que Gauguin aime peindre en rappel symboliste.

La femme en retrait, altière dans sa sage robe imposée par les missionnaires, égayée par la palette mandarine de Gauguin, est une statue saisissante.

Celle du premier plan, ovale de visage pointant en avant, main qui écarte la bretelle du corsage, se penche et semble sortir du cadre.

*

Les Bâlois connaissent par coeur cette icône post-impressionniste car Rudolf Staecelin l’ avait laissée en dépôt au Kunst Museum de Bâle depuis près d’un demi-siècle. Ce vendeur a hérité d’une collection d ’art impressionniste et moderne, de Van Gogh à Pissarro et Picasso, jusque-là tous en dépôt au musée.

Ce départ en masse des trésors est une mauvaise nouvelle pour la ville de Bâle. Leur propriétaire était néanmoins, comme d’habitude, au dîner des Amis de la Fondation Beyeler.

"Un prêt est un prêt, nous avons réappris le sens du mot", a dit Sam Kefller, directeur de la Fondation Beyeler, dans son discours de remerciements aux prêteurs, aux chercheurs et aux commissaires de l’expositon.

"C’est mon premier Gauguin, un tableau que j’ai vu toutes les semaines et qui est donc cher à mon coeur", soulignait Martin Schwander, un des deux commissaires de l’exposition.

Les amateurs européens et américains avaient jusqu’au 28 juin 2015 Nafea faa ipoipo ? entouré de deux chefs-d’oeuvre absolus de Gaugin de la même année : Aha oe feii ? (Eh quoi Tu es jalouse ?), avec ses deux nus irradiant sur fond rose, et Parau api ? (Quelles nouvelles ?), deux jeunes Tahitiennes posées sur un fond citron, tout en mystère méditatif.

Entre ces deux merveilles, une modernité renversante, le tableau acheté par le Qatar semble plus sage, plus habillé, moins sensuel, moins abouti aussi.

Voilà un Gauguin qui ne choquera personne.

Valérie Duponchelle

 
 

 
 

 
Accueil     |    Plan du site     |    Espace rédacteurs     |    Se connecter