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Alain Seban (président du Centre Pompidou jusqu’en 2015)
répondant aux questions d’un journaliste de Beaux Arts ..

 

Questions :

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Centre Pompidou

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Le Centre Pompidou est-il devenu plus dépendant des financements privés ?

- "Il faut rappeler que le Centre Pompidou, s’il est très majoritairement financé par l’ Etat, doit aussi compter sur ses ressources propres.

( 70% du budget annuel )

Ce sujet devient un point de vigilance dès lors que ces deux types de financement ont une dynamique différente.

Aujourd’hui, il nous faut pallier le moindre dynamisme des financements publics.

En cinq ans, la part des ressources propres dans notre budget est donc passée de 20 à 30%

Cela nous pousse logiquement à nous interroger sur les garde-fous à mettre en place pour préserver la crédibilité et l’autonomie de nos choix, que ce soit en matière d’acquisitions, d’expositions mais aussi d’événements se déroulant au Centre.

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Les acteurs du marché de l’art sont-ils demandeurs de ces collaborations ?

L’impact des choix d’une institution comme le Centre Pompidou sur le marché est relativement faible.

Nous ne sommes pas un acteur puissant dans la mesure où nous ne disposons que d’un budget d’acquisition modeste.

Par ailleurs, l’idée qu’un artiste contemporain va voir sa côte exploser du fait d’une exposition au Centre relève à mon sens, du pur fantasme.*

Les institutions publiques n’ont jamais été le baromètre du marché de l’art !

Pour autant, cela ne veut pas dire qu’il faille manquer de vigilance.

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Sur quels points ?

Il faut notamment se prémunir de l’influence de la recherche de mécénat sur nos choix curatoriaux.

C’est une attention de tous les instants, certains donateurs pouvant, par exemple, subordonner leur financement à l’exposition d’ oeuvres issues de leur propre collection.

Lorsque le cas s’est présenté, j’ai pris sur moi de refuser le mécénat.

Nous tâchons aussi de veiller à ce que nos choix d’exposition en soient pas une chambre d’écho du marché de l’art, ce qui est toujours une prise de risque dès lors qu’il faut lever de l’argent.

Enfin nous tenons à un principe très clair : chaque exposition dispose d’un budget suffisant pour en assurer le socle .

Le mécénat nous permet de faire mieux. Nous ne dirons jamais que la tenue d’une exposition dépend du mécénat.

Quitte à renoncer à un projet .

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Avez-vous le sentiment que la pression financière s’accroît ?

Elle est forte. Nous sommes dans l’oeil du cyclone, d’ autant que la tendance est d’attendre des institutions qu’elles réalisent des prodiges en termes de financement, ce qui est impossible sans franchir la ligne jaune.

Jusqu’ici, nous avons pu nous en préserver grâce à l’augmentation de nos ressources propres, qu’il s’agisse de la billetterie ou des éditions, ce qui nous garantit une certaine indépendance.

il nous est donc arrivé de refuser du mécénat pour des questions déontologiques. Mais i l’ Etat continue de réduire fortement ses subventions, nous allons devoir faire des choix.

Seriez-vous prêt à réduire la voilure des événements faute de financement suffisant ?

OUI, nous serions prêts à diminuer le nombre de nos expositions temporaires, si nos crédits étaient amenés à diminuer trop fortement.

C’est fondamental. Proposer des expositions autofinancées signifierait abdiquer l’indépendance de notre programmation.

Alors OUI, s’il le faut, nous réduirons la voilure.

Je préfère des musées plus pauvres mais crédibles

Beaux Arts Page 63

 
 

 
 

 
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