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En 2013 - La fin de Monumenta : ERREUR MONUMENTALE

 

Beaux Arts Page 73 et 74

par Sophie Flouquet

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Restriction budgétaire ?

C’est l’argument qui cache la forêt pour justifier l’annulation de l’édition 2013 de Monumenta, confiée aux artistes russes Ilya et Emilia Kabakov.

Une décision qui en dit long sur la politique qu’entend mener la Rue de Valois

Retour sur la chute d’un colosse.

En résumé, les Kabakov avait déjà dépensé plus de 500.000 euros pour la production des oeuvres destinées au Grand Palais et sollicité divers sponsors.

"Nous étions supposés apporter 4 millions d’euros de financement via des mécènes".

"Je ne vais pas discuter du sens culturel de l’annulation de projets artistiques, surtout lorsqu’ils sont aussi importants que Monumenta.

Les pays civilisés ne font pas d’économies sur le dos de la culture. Mais il ne s’agit que de mon opinion personnelle puisque le gouvernement français pense manifestement autrement.

Quant aux conséquences psychologiques et culturelles d’une telle décision .. Qui donc se soucie de ces choses-là ?"

Emilia Kabakov

Restriction budgétaire : c’est l’argument dégainé par la Rue de Valois.

D’après le projet de loi de finances, les crédits devraient être réorientés vers des "actions de diffusion en faveur de l’art contemporain" mais aussi vers la masse salariale de la Cité de la céramique, à Sèvres, ou le fonds photographique documentaire du Centre national des arts plastiques (Cnap).

Selon plusieurs sources, la ministre de la Culture n’a jamais été vraiment convaincue par Monumenta, dont elle aurait jugé le budget "indécent".

Dans le contexte actuel, il pouvait donc sembler de bon ton de sacrifier, pour l’exemple, ce type de grande manifestaiton, pour lequel le chiffre de 5 millions d’euros de budget a habilement circulé.

Les choses sont pourtant plus complexes.

Car Monumenta a toujours fait l’objet dun montage budgétaire spécifique, très élastique, réduisant largement la part de la subvention dite d’équilibre, allouée par l’ Etat.

Ce modèle économique a été la condition de l’existence de Monumenta.

Pour 3 millions d’euros de dépenses, l’édition de Buren a ainsi généré 1,4 million de recettes (billetterie, mécénat, privatisations ..) pour 1,6 million de subventions publiques.

Anish Kapoor a apporté 1 million d’euros, de quoi payer directement ses fournisseurs, sans même que l’argent ne transite par le budget de l’exposition.

Richard Serra a quant à lui drainé via Arcelor Mittal une somme équivalente, couvrant la facture du métal de ses sculptures, 2 million étant par ailleurs abondés par sa galerie (Gagosian).

Ce financement mixte a aussi permis à quelques artistes de repartir avec les oeuvres dont ils avaient payé la fabrication, cela afin de pouvoir les vendre, l’ Etat français ne finançant de facto que l’organisation et la logistique de l’exposition.

(C’est le cas des Kabakov)

De par leur nature, les créations de Christian Boltanski et Daniel Buren ont en revanche dû être détruites et recyclées.

 
 

 
 

 
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