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Qui dirige réellement les établissements culturels ?

 

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Le Figaro - Juin 2014 Article de Claire Bommelaer

Qui dirige réellement les établissements culturels ?

"... Sur le papier, le ministère de la Culture est le patron des établissements culturels, téâtres, écoles d’art, opéras, musées : il définit la politique de ces établissements, leur octroie un budget et nomme leur président.

.. Dans les faits, la Rue de Valois a de moins en moins la main sur les musées ou les théâtres, pour peu qu’ils soient en vogue et "connus". Autrefois entités du service public, les musées sont, pour les plus grands du moins, devenus autonomes juridiquement.

Ce statut a tout changé ou presque : les présidents du Centre Pompoidou, du Louvre , de l’Opéra de Paris, d’Orsay, de Versailles, etc ... sont désormais des sortes de grands patrons. Ils montent les expositions ou les productions qui leur chantent. Ils sont désormais priés de rechercher une partie conséquente de leur budget auprès des entreprises privées ou de mécènes issus du monde entier. Pour se faire, ils doivent "communiquer" et se montrer à l’étranger, loin de leur tutelle. Certains , énarques de formation et ayant déjà bourlingé en politique, sont rompus à l’art de parler et de paraître. Aujourd’hui, la ministre de la Culture doit composer avec une vraie baronnie, connue médiatiquement, et qui a ses réseaux.

L’ancien directeur du Louvre Henri Loyrette, en poste pendant douze ans, avait fini par prendre une indépendace notable vis-à-vis du gouvernement et du pouvoir. Au point, une année, de ne pas se rendre aux voeux de Nicolas Sarkozy, présentés aux milieux culturels.

On dit qu’ Aurélie Filipetti ne pouvait ni ne voulait fonctionner avec Henri Loyrette, qui avait fini par s’imposer comme un vice-ministre. Ce dernier a eu l’habileté de ne pas postuler pour un quatrième mandat et de se retirer du jeu.

.. (Toutes ce personnes) ont tout de même une épée de damoclés au-dessus de leur tête : ils sont nommés en Conseil des ministres.

En 2014, le seul dernier pouvoir du ministre de la Culture, outre celui de distribuer de l’argent qu’il n’a plus, est donc celui de nommer quelqu’un.

Mais là encore, la marge de manoeuvre se rétrécit. Dans ce milieu brillant, les lobbies sont nombreux et efficaces. On se souvient du recul de Nicolas Sarkozy après la campagne de presse contre l’arrivée d’ Alexandre Bompard à la tête de France Télévisions.

Aurélie Filippetti, quant à elle, a encore moins de latitude que ses prédécesseurs. Car elle souffre d’une crise de légitimité. Non pas personnelle puisqu’elle vient d’être renommée **, mais collective, due à l’impopularité de son gouvernement."

** voir article

 
 

 
 

 
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