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Polémique au musée Picasso.
L’ établissement devait rouvrir en juin 2014 après cinq ans de travaux mais le ministère de la Culture , en guerre déclarée avec sa présidente, tente de différer.

 

Article de Claire Bommelaer pour Le Figaro

cbommelaer@figaro.fr

" Un vent mauvais souffle autour du Musée Picasso, à Paris.

Fermé depuis 2009, il devait rouvrir après une immense salve de travaux, en juin 2014.

Mais le ministère de la Culture indique aujourd’hui qu’ "au mieux il pourrait acceillir du public fin juillet, et plus raisonnablement mi-septembre".

Depuis plusieurs mois, la crise est ouverte entre la Rue de Valois et la présidente du lieu, Anne Baldassari.Les tension sont telles que chaque partie semble presque dépassée , s’accusant à mots couverts de tous les maux. Le conflit est parvenu jusquà l’ Elysée, avec montée au créneau des héritiers Picasso, effrayés à l’idée que le musée n’ouvre pas ou dans de mauvaises conditions.

Quarante ans après sa mort, le peintre et son oeuvre prolifique génèrent un intérêt mondial du public mais aussi du marché de l’art. Dans ce contexte, l’avenir du musée parisien est une affaire d’ Etat.

L’hôtel Salé, dans le Marais, abrite une collection constituée à partir de la donation de la collection particulière de l’artiste en 1973, puis une dation de ses héritiers, en 1979, et une autre des héritiers de Jacqueline Picasso, en 1990.

En tout 5000 oeuvres que la terre entière nous envie. Si le musée, ouvert en 1985, "végète" d’abord, selon les héritiers, pendant plusieurs années, l’arrivée de la conservatrice Anne Baldassari, en 2005, signe le début d’une autre ère.

"C’est l’une des meilleures connaisseuses du sujet, témoigne un membre du conseil d’administration qui veut rester anonyme. Elle a un côté passionaria, mais désormais le monde entier la connaît et la reconnaît". Son haut fait d’ames, ces dernières années, c’est l’organisation de l’exposition phare "Picasso et les maîtres", au Grand Palais, fin 2008 et début 2009. L’expostion, qui repose sur des prêts prestigieux, et à laquelle personne ne croyait au départ, est un immense succès public, avec 783.000 visiteurs. Le Grand Palais finit même par ouvrir 24 heures sur 24 afin d’accueillir le plus grand nombres de personnes. Anne Baldassari en tire uen réputation sans faille. Ainsi que l’impression de pouvoir être "seule maîtresse à bord".

Projet ambitieux

Afin de financer les travaux du musée (52 millions d’euros), la conservatrice, devenue présidente de l’établissement public du Musée Picasso, se lance dans une méthode à l’anglosaxonne, sous l’oeil éberlué du milieu muséal. Entre 2008 et 2013, elle organise un "tour" de la collection à l’étranger, en vingt étapes. Le tout, moyennant finances. Grâce au "road show", 31 millions d’euros sont récoltés et l’intérêt international pour la collection est assuré. Le schéma - louer des oeuvres d’une collection publique plutôt que les prêter - est une première et sera repris par le Musée d’ Orsay. Il se fait avec le plein et entier soutien de Nicolas Sarkozy, puis de Frédéric Mitterrand, alors ministre de la Culture, qui ira visiter le chantier de l’hôtel Salé plusieurs fois, en forme d’appui politique.

Il faut dire que le projet du futur musée est ambitieux, avec un nouvel accrochage chronologique, le doublement des surfaces d’expositon, le déploiement inédit de la collection personnelle de Picasso et l’organisation d’événements temporaires propres à attirer le public parisen.

Mais au fil du temsp, l’ambiance se gâte entre les murs de l’hôtel Salé - le caractère parfois excessif d’ Anne Baldassari provoque des vagues. Successivement, le directeur de la maîtrise d’ouvrage, la directrice des publics et du développement culturel et trois administrateurs jettent l’éponge.

Le dernier, Erol Ok, ancien directeur de cabinet de Fleur Pellerin, a pourtant été choisi par la présidente. Fin 2013 début 2014, le ministère commence alors à mettre le holà. Il réclame une mission de l’Igac, Inspection générale des affaires culturelles, et fait appel à Oasys, un cabinet indépendant spécialisé dans les relations sociales. Ce dernier conduit un "audit du climat social" auprès des salariés. Les deux orgnaismes concluent à une impossibitié pour le musée de fonctionner en l’état, pour des raisons sociales et de mauvaise gestion du personnel.

L" Etat n’a par ailleurs pas procédé aux recrutements des 40 gardiens nécessaires à l’ouverture.

Et Jean-François Bodin, architecte de la rénovation du musée, a beau dire que "la possilbilté d’ouvrir en juin reste envisageable", le chantier ayant été fini et livré exactement dans les délais, le musée risque fort de ne pas ouvrir dans un mois.

"Pourquoi avoir attendu le dernier moment ?", s’interroge aujourd’hui la petite-fille du peintre, Marina Picasso, qui affiche son soutien à Anne Baldassari.

Après avoir été annoncé, le recul de la réouverture du musée -attendue par les touristes du monde entier - va créer une onde de choc. Et faire douter de la capacité de Paris à jouer dans la cour des grands autour du nom de Picasso."

 
 

 
 

 
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